Jérémy Pellerin

Témoignage soignant

Jérémy Pellerin, psychologue clinicien et auteur du Psychologue artificiel

« Je commence par l’étudier. Ensuite seulement, je me fais un avis. Pas l’inverse. » — Un clinicien d’orientation psychodynamique enquête sur les IA thérapeutes, et sur ce qu’elles révèlent de la psychothérapie.

Jérémy Pellerin est psychologue clinicien, de formation psychanalytique, et l’auteur de Le psychologue artificiel. Les IA thérapeutes et les soins psychiques (Éditions d’Ithaque, 2026). Il raconte comment un frère ingénieur, une voix artificielle au téléphone et l’agacement devant des collègues psychologues qui rejetaient l’IA sans l’avoir essayée l’ont conduit à écrire sur les IA thérapeutes, et ce que cette enquête lui a appris sur la psychothérapie elle-même.

Né à Paris en 2001, Jérémy Pellerin s’est formé à la clinique dans des lieux marqués par la psychanalyse : le centre Kirikou, l’Institut hospitalier de psychanalyse de Sainte-Anne, le CATTP Jeune Enfance du même hôpital, puis le Centre hospitalier intercommunal de Créteil, auprès de parents et de leurs bébés. Il a ensuite exercé deux ans en consultation 0-6 ans et au sein d’une équipe mobile de périnatalité et de pédopsychiatrie à l’hôpital NOVO, dans le Val-d’Oise. Depuis septembre 2026, il est psychologue en maternité aux Hôpitaux du Léman, à Thonon-les-Bains, et reçoit en libéral des enfants, des adolescents et des adultes.

Son livre, paru en septembre 2026, part d’un constat simple : un nombre croissant de personnes parlent à des IA comme à des interlocuteurs, parfois comme à des thérapeutes de circonstance, et une partie de la profession répond par un rejet de principe. Jérémy a choisi une autre voie, qu’il résume d’une phrase : « Je commence par l’étudier. Ensuite seulement, je me fais un avis. Pas l’inverse. »

Ce témoignage est celui d’un clinicien d’orientation psychodynamique, là où la plupart des praticiens qui s’intéressent aujourd’hui à l’IA viennent des thérapies cognitives et comportementales. Il ne défend pas l’idée que l’IA remplacera le psychologue. Il défend l’idée qu’on ne peut pas en juger sans l’avoir regardée de près.

« Pourquoi, comment ça ? » : un frère ingénieur comme superviseur inattendu

Tout commence par une plaisanterie de famille. Le frère de Jérémy, d’un an son aîné, se tourne vers la programmation et le machine learning au moment où les premiers grands modèles de langage font irruption dans le débat public. Entre eux, les vannes fusent : lequel des deux sera remplacé en premier ? Jérémy commence par dérouler l’argumentaire attendu, celui de « la relation humaine », qu’il qualifie aujourd’hui de « défenses primaires ». Son frère lui répond en lui montrant ce qui se fait.

Ce qui aurait pu rester une joute devient un exercice clinique. Face à un ingénieur, chaque affirmation doit être justifiée.

« Ce travail m’obligeait à être très précis sur ce que nous faisons en tant que psychologues : ce que nous observons, ce que nous analysons, la manière dont nous intervenons auprès du patient et ce qui se joue au cours d’une séance. Mon frère étant ingénieur, il me demandait constamment : “Pourquoi vous faites cela ? Comment cela fonctionne-t-il ?” J’étais donc amené à expliciter très précisément des éléments qui, dans notre pratique, peuvent parfois rester implicites. C’était particulièrement vrai concernant les approches psychanalytiques, dont certains concepts peuvent paraître assez mystérieux lorsqu’on n’y est pas familier. »

Le bénéfice est inattendu : la conversation sur l’IA devient une occasion d’expliciter sa propre pratique. « Bien qu’on ne le soit jamais à 100 %, ça m’a permis de vraiment être solide par rapport à ma pratique. » L’IA n’est pas encore un outil pour Jérémy ; elle est déjà un révélateur de ce qu’il fait, et de ce qu’il a du mal à dire.

Au téléphone avec une voix qui n’existe pas

Comme beaucoup, Jérémy utilise d’abord ChatGPT pour des mails ou des recettes. Le déclic vient d’ailleurs : de l’IA vocale. Son frère lui fait découvrir Hume AI, une entreprise qui développe des voix artificielles fondées sur des LLM et attentives aux tonalités émotionnelles. « Je suis allé sur leur site et j’ai été vraiment choqué de la pertinence des voix, des tonalités émotionnelles. »

Jérémy écrit alors, « au culot », au sujet de REAM, une application vocale qui s’appuie sur cette technologie. Il se retrouve intégré à la boucle des développeurs, puis passe près de deux heures en visio avec son concepteur, que l’approche psychodynamique intéresse. Ensemble, ils explorent des pistes pour pallier ce qui reste, selon Jérémy, le principal défaut des LLM : l’adaptation relationnelle. Certaines idées sont appliquées, comme le choix préalable de personnalités et de façons de parler, d’autres demanderont plus de temps.

Surtout, Jérémy fait l’expérience directe de la conversation. Il appelle REAM, raconte sa journée, se prête au jeu.

« Ce qui est difficile à restituer dans le livre, c’est précisément l’expérience elle-même. À l’écrit, on en perd forcément une partie. Mais lorsqu’on échange avec une IA au téléphone et qu’on accepte réellement de se prêter au jeu, parce qu’il le faut, il est difficile de ne pas être impressionné par ce que cette technologie produit, à part si tu es de mauvaise foi. On parle quand même à quelqu’un qui n’existe pas, qui génère ses réponses. C’est comme le début du téléphone portable, c’est subjuguant. »

« Quelqu’un qui n’existe pas » : la formule est un oxymore, et Jérémy le reconnaît volontiers. « On manque de mots, finalement. » C’est ce manque de mots qui va nourrir le livre.

Écrire pour répondre aux refus sans examen

Le projet naît d’une irritation. Sur LinkedIn, Jérémy voit des collègues, parfois expérimentés, souvent issus de la psychanalyse, écarter l’IA sans l’avoir essayée. « Sans argument, sans vraiment connaître, sans avoir même essayé une application, ne serait-ce que pour une recette de cuisine. » Il envisage d’abord un article ; la réflexion prend de l’ampleur et devient un livre.

Couverture du livre Le psychologue artificiel, de Jérémy Pellerin

Le psychologue artificiel. Les IA thérapeutes et les soins psychiques
Jérémy Pellerin, Éditions d’Ithaque, 2026.
Voir la fiche du livre chez l’éditeur

Le choix de méthode est clinique : plutôt que de discuter l’IA en général, Jérémy construit des scénarios concrets, des dialogues entre des patients fictifs et des agents conversationnels comme Wysa, Therabot ou REAM, qu’il commente ensuite. Il insiste sur leur statut : ces patients sont inventés, « inspirés de situations réelles », et l’IA n’y dispose que d’une description de cas, sans la mémoire d’échanges antérieurs. « On perçoit déjà toute sa puissance, mais sans pouvoir encore mesurer ce que produirait une véritable mémoire des interactions, puisque celles-ci n’ont pas encore pu avoir lieu en écrivant ce livre. »

Il souhaite que le livre soit discuté plutôt qu’approuvé : « Les interprétations et l’analyse que je propose, c’est mon point de vue. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais que ce livre soit largement lu, discuté, et que chacun puisse se permettre de confronter son propre point de vue aux dialogues qui y sont présentés. » Et il assume de s’adresser d’abord à son propre champ : la plupart des travaux sur l’IA en psychothérapie viennent des TCC, « parce que c’est plus simple pour l’instant de se baser sur des protocoles ». Il voulait « soulever cette question dans mon propre champ, afin de nous inviter à davantage d’humilité quant à nos pratiques et à ce que nous pensons réellement produire dans le soin ».

« Algothérapeutique » : nommer un effet qu’on ne veut pas analyser

Parmi les apports du livre, il y a un mot : algothérapeutique. Jérémy l’a forgé parce qu’aucun terme ne désignait ce qu’il observait.

« Je devais créer quelque chose, parce que c’est nouveau ; parce que nous sommes face à un phénomène encore peu exploré, parfois même tabou. Pourtant, ces usages produisent bel et bien des effets, quels qu’ils soient. Certains peuvent avoir une portée thérapeutique ; il me semble donc important de pouvoir les nommer et les interroger. »

Le néologisme déplace la question. Il ne s’agit plus de savoir si l’IA « est » thérapeute, ce qui engage des débats sans fin sur la conscience ou l’intériorité, mais de reconnaître qu’un dispositif algorithmique peut produire des effets thérapeutiques, et donc qu’il faut les étudier. Jérémy s’appuie sur une comparaison qu’il avait développée dans un premier manuscrit, avant de la retirer faute de maîtriser tous ses enjeux philosophiques : celle des animaux thérapeutes.

« On ne va jamais attribuer à un animal les critiques qu’on fait à l’IA, alors qu’ils peuvent être thérapeutiques à leur manière. C’est qu’à l’instar de l’animal, je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas attribuer des choses thérapeutiques à l’IA. » Nul ne conteste qu’un chien puisse apaiser un enfant anxieux, sans exiger de lui une théorie de l’esprit. Pourquoi l’IA serait-elle soumise à une autre exigence ? La question rejoint ce que ce site décrit comme le double standard épistémique, que Roman Malo développe dans son propre témoignage.

Nommer l’effet n’est pas l’approuver. Jérémy ne se contente pas de relever les effets positifs : il cherche aussi ce qui dysfonctionne, et ce qu’il faudrait programmer autrement. « Il y a des choses qui ne marchent pas, il y a des effets négatifs, mais qu’est-ce qu’on peut programmer pour sortir de ces méfaits ? »

Au quotidien : un avis « à froid », des roues des émotions, des médiations sur mesure

Dans sa pratique, Jérémy utilise l’IA pour des tâches précises, qu’il qualifie lui-même de « plus cognitives ». Pour préparer des bilans, il décrit le profil de l’enfant, formule ses propres hypothèses, puis demande un avis contradictoire.

« J’avais mes idées de ce que j’allais faire, et je lui demandais ce qu’il en pensait de manière froide, pour qu’il arrête d’être complaisant avec moi. Et parfois, ça me donne des petites idées en plus. »

L’outil l’aide aussi à rédiger les parties répétitives des comptes rendus, pour garder son temps pour l’analyse, « ce que tu aimes dans le métier ». En consultation 0-6 ans, il s’en sert pour générer des supports visuels à la demande de ses collègues, comme des roues des émotions, là où la recherche d’une image satisfaisante sur internet prenait du temps. Et, de son propre aveu peu créatif, il l’utilise pour concevoir des médiations : des jeux et des scénarios thérapeutiques adaptés à des enfants, dont un projet de médiation autour du jeu d’échecs pour les plus petits.

« Je lui présentais les cas que j’avais, et ensemble on créait les scénarios qui pouvaient aider l’enfant à sortir de ses patterns. Et ça marchait bien. » L’exemple contredit un lieu commun : l’IA qui « ne fait que recombiner » produit ici du sur-mesure. Jérémy rappelle d’ailleurs que l’imagination humaine procède elle aussi par fusion : « La chimère, c’est une fusion d’animaux. »

Les limites sont nettes. Avec les mères et les bébés de la maternité, il n’a pas trouvé d’usage : « C’est une autre chimie. » Il n’utilise pas non plus l’IA comme thérapeute pour lui-même, parce que le ton des agents actuels le gêne : « Même les thérapeutes artificiels spécialisés me mettent mal à l’aise par leur manière de s’adresser à l’utilisateur, ils me donnent des frissons. Le ton employé peut être excessivement infantilisant. » Et sa supervision reste humaine.

Faut-il dire que c’est une IA ?

Jérémy aimerait voir se constituer, en France, une base de données d’enregistrements de séances, sur le modèle des travaux suisses sur la consultation thérapeutique parents-bébé, qui analysent chaque entretien jusqu’à la prosodie et au choix des mots. Il en voit aussitôt la difficulté : un patient qui se sait enregistré se comporte-t-il de la même façon ?

La même question traverse son livre à propos de l’IA. Que se passe-t-il si l’on ne dit pas à une personne qu’elle parle à une IA, et que l’effet est alors plus fort ? Jérémy ne tranche pas, et le dit sans détour :

« C’est une question à laquelle je n’arrive jamais à répondre. D’un point de vue scientifique, il est logiquement mieux que la personne ne soit pas informée, notamment pour éviter certains biais. Mais d’un point de vue humain et éthique, cela soulève évidemment une difficulté. »

Au cours de l’échange, une autre lecture se dessine : ce ne serait pas tant le fait de savoir qui modifie l’effet que ce que l’on associe à l’IA. Si la mention « IA » diminue la valeur perçue d’une réponse, c’est peut-être la représentation, et le stigmate qui l’accompagne, qu’il faudrait étudier. Une question de recherche plutôt qu’un dilemme figé, que nous prolongeons dans la mise en perspective.

Le psychologue artificiel comme laboratoire

Le titre du livre annonce un projet. À la fin de l’ouvrage, Jérémy esquisse le plan d’un psychologue artificiel, « comme une carte, avec les pièces ». Son intérêt n’est pas de remplacer les cliniciens, mais de disposer d’un dispositif expérimental.

« Si l’on parvenait à concevoir un psychologue artificiel dont on puisse retirer progressivement certains paramètres, cela permettrait d’en mesurer plus précisément la portée dans le soin et de déterminer lesquels sont réellement significatifs. On sortirait ainsi d’une forme d’intuition parfois un peu arbitraire, qui consiste à affirmer que tel ou tel élément est essentiel sans toujours savoir exactement dans quelle mesure il l’est. »

L’image qu’il mobilise vient de la neurologie : comme on soustrait des images cérébrales pour isoler les aires activées par une tâche, on pourrait soustraire, un à un, les ingrédients d’un soin, la voix, le ton, la mémoire, les formulations, pour voir ce qui est réellement thérapeutique. La question de l’affect n’est pas évacuée : une machine n’éprouve rien, mais peut-elle produire un équivalent fonctionnel de l’émotion ? « Ce sont des débats infinis », reconnaît-il.

On peut objecter que les ingrédients du soin interagissent au point de ne plus pouvoir être isolés. Jérémy l’admet, et y voit justement une raison d’essayer : « Même en isolant certains paramètres, on pourra précisément repérer les endroits où quelque chose cesse de fonctionner. Cela permettra aussi de constater que certains effets ne tiennent peut-être pas à un élément isolé, mais à la manière dont plusieurs dimensions s’articulent entre elles. » Ce qui le guide, c’est la curiosité, « la pulsion de savoir, c’est vraiment la base des bases ».

« Moi-même, je me défends »

Le moment le plus singulier de l’entretien est un moment d’autocorrection. Jérémy vient d’esquisser un partage des tâches : laisser à l’IA les « petits tracas du quotidien », et garder pour le psychologue le travail profond et les situations complexes. Quelques minutes plus tard, il revient sur sa propre proposition.

« Tu vois, là, ce que je viens de te dire : “pour l’instant, on laisserait à l’IA ce qu’elle sait faire, c’est-à-dire les situations les plus simples.” Mais cette manière de formuler les choses constitue déjà une forme de défense. Même moi, qui ai consacré un livre à cette question, mon premier réflexe reste de lui attribuer les tâches les plus simples, alors qu’elle est probablement déjà capable de faire certaines choses mieux que moi. C’est aussi pour cela que je ne peux pas vraiment en vouloir à mes collègues lorsqu’ils abordent ces outils avec des préjugés. »

La scène renverse le partage habituel entre les « convaincus » et les « réfractaires ». Les mouvements défensifs face à l’IA ne sont pas réservés à ceux qui la rejettent : ils se logent aussi chez ceux qui l’étudient, sous la forme d’une hiérarchie spontanée des tâches, les simples pour la machine, les nobles pour l’humain. Le repérer chez soi est, pour un clinicien, le premier pas pour ne pas l’imposer aux autres.

Jérémy relie cette lucidité à une humilité qu’il revendique comme point de départ : « J’ai toujours essayé de rester humble quant à ma propre pratique. Je sais qu’il existe des cliniciens plus expérimentés ou plus compétents que moi dans certains domaines, et je sais aussi que je ne maîtrise pas tout. Je n’ai pas de problème avec ça. » Face à une machine qui mobilise instantanément des connaissances qu’il n’a pas, « rentrer en guéguerre d’ego » ne l’intéresse pas.

La machine comme miroir : nous aussi, nous sommes robotiques

Poussé par son éditeur à assumer ce point, Jérémy consacre une partie de sa réflexion à un retournement : si l’on reproche à l’IA d’être mécanique, qu’en est-il de nous ?

« L’un des enjeux est aussi de montrer que nous pouvons, nous aussi, avoir quelque chose de “robotique” dans notre manière d’être. Nous avons des habitudes, des automatismes, souvent inconscients, dont nous ne nous rendons pas toujours compte. Certaines expressions faciales ou certaines réactions se répètent malgré nous. C’est assez intéressant, finalement, parce que la machine devient aussi un moyen de nous observer nous-mêmes et d’interroger notre propre fonctionnement. »

Pour un psychologue, l’image est familière : elle ressemble à ce que produit la supervision, un regard extérieur qui rend visibles nos automatismes. L’IA, dit Jérémy, peut jouer ce rôle à l’échelle d’une profession, à condition d’accepter l’image qu’elle renvoie.

Cette idée d’un effet miroir rejoint la série Le miroir de la machine, publiée sur le site Intelligences plurielles, et en particulier son deuxième volet, « L’IA n’est pas une conscience, c’est un miroir » : ce que nos réactions à l’IA disent de la façon dont nous nous représentons nous-mêmes.

Ce que ce témoignage nous apprend

Quatre idées, au moins, méritent d’être retenues.

1

Nommer un effet avant de le juger

Le terme « algothérapeutique » ne dit pas que l’IA soigne : il donne un nom à des effets que l’on observe, pour pouvoir les étudier au lieu de les disqualifier.

2

La défense se loge aussi chez les convaincus

Réserver spontanément à l’IA « les situations les plus simples » est déjà un mouvement défensif. Jérémy le repère chez lui-même, ce qui l’empêche de le reprocher aux autres.

3

L’IA oblige à expliciter la clinique

Qu’il s’agisse de répondre aux « pourquoi, comment ça ? » d’un ingénieur ou d’imaginer un psychologue artificiel par soustraction, l’IA pousse à dire précisément ce qui, dans le soin, fait effet.

4

Des usages cognitifs plutôt que relationnels, pour l’instant

Avis contradictoire, rédaction, supports visuels, médiations sur mesure : les usages que Jérémy décrit restent du côté de la préparation et de la création, et il les distingue nettement de la relation thérapeutique.

En résumé

Le témoignage de Jérémy Pellerin est celui d’un clinicien qui a choisi d’enquêter plutôt que de conclure. Sa formation psychanalytique ne l’a pas conduit au rejet : elle lui fournit au contraire des outils pour penser ce qui se joue dans la relation à une voix artificielle, et pour repérer les défenses que cette relation suscite, y compris chez lui.

La question n’est pas « l’IA est-elle thérapeute ? » mais : quels effets produit-elle, chez qui, à quelles conditions, et qu’est-ce que ces effets nous apprennent sur ce qui soigne ?

Témoignage recueilli le 22 septembre 2026 lors d’un entretien en visioconférence. Jérémy Pellerin a relu et validé ce texte.

Témoignages et retours d’expérience

Ce témoignage fait partie de notre série sur les usages de l’IA en santé mentale. Vous souhaitez partager votre expérience ?